Tour de la Tençon : entre patrimoine et paysages

Randonnée 1 du jeudi 12 mars 2020

Départ : Parking de Voreppe (260 m)

Point culminant de la randonnée : Le Col de la Tençon (628 m)

Dénivelé cumulé : 560 m — Distance  : 11,2 Km — 3 h de marche et 2 h 30 arrêts

Difficultés : aucune

Carte IGN 3334OT

Groupe : 13 randonneurs dont 2 accompagnateurs Michel et Gisèle, 1 serre-file, Noëlle.

Itinéraire 

Départ du parking près du panneau ‘La Caserne’ (264 m), se diriger par le chemin de Pré Boulat puis la rue des Tupinières vers l’église romane qui est l’une des six églises de Voreppe entourée du cimetière du bourg. Descendre ensuite par la rue Mouille Sol vers l’église gothique de Saint Didier. Remonter pour emprunter la rue Vigier qui débouche vers la passerelle enjambant la Roize. Traverser ce petit torrent ainsi que le quai des Chartreux pour déboucher face à la pharmacie des Chartreux ; descendre à gauche quelques mètres sur cette route jusqu’au prochain carrefour ; apercevoir sur la rive gauche de la Roize l’ancienne mairie de Voreppe ; au carrefour suivant, bifurquer à droite sur la route goudronnée, la route du Boutet, qui monte de façon soutenue entre de belles maisons jusqu’au croisement avec la D520a, la route des Chartreux, (belle vue sur l’Aiguille de Chalais et Rochebrune) ; traverser prudemment cette route dont la circulation automobile est dense et la visibilité assez faible après un virage. Continuer en face par des escaliers qui se poursuivent par un petit chemin passant entre des maisons bourgeoises et arriver sur le chemin de Malosanne le Bas ; suivre ce chemin bordé de maisons puis du gouffre Gondrand (puits d’extraction de terre réfractaire à ciel ouvert, profond de 63 m, exploité de 1885 à 1919). Prendre à gauche à la bifurcation l’allée des chênes ; au virage à droite très serré, abandonner ce chemin pour emprunter un sentier qui rejoint la D520a. Marcher derrière la barrière de sécurité sur les bas côtés de la route des Chartreux jusqu’au point 389. Traverser alors avec prudence cette route pour prendre un sentier sur la gauche ; puis monter quelques marches d’escalier et à nouveau entamer une longue montée sans difficulté sur une jolie piste forestière avec des passages à découvert en direction du col de la Tençon. Arriver au carrefour de l’Arbre Fourchu (505 m). Poursuivre à gauche sur le chemin des Geais. Faire un petit détour par le belvédère ‘Le Bourget’ qui offre un point de vue à flanc de falaise sur la plaine du Voironnais et en arrière plan la colline de Parménie, sur la zone industrielle de Moirans, l’axe autoroutier entre Grenoble et Lyon, la Dent de Moirans, le Bec de l’Echaillon, …. Revenir sur ce joli sentier des Geais récemment entretenu ; longer les vestiges de belles maisons en pierres de taille dont le toit s’est effondré et admirer le beau bassin d’eau en pierres alimenté par une source ; passer à plusieurs reprises des portillons en fer qui empêchent le passage des bêtes ; 1 Km après le belvédère du Bourget, sortir du chemin des Geais pour rejoindre le belvédère des Maquisards à 15 min environ (explications données par Michel : poste stratégique d’observation utilisé en juin 1940 par l’armée des Alpes, puis par les résistants pour surveiller la cluse de Voreppe. Les troupes allemandes ont été arrêtées par les français le 20 juin 1940). Profiter de la magnifique vue pour observer le Moucherotte, les Trois Pucelles de St Nizier en Moucherotte, …. Revenir sur ses pas et reprendre la large piste des Geais qui traverse une grande zone pastorale et qui vire à droite au panneau ‘Bois de la Tençon (475 m)’ ; longer encore quelques maisons abandonnées et atteindre par une montée continue le col de la Tençon (628 m). Prendre ensuite à droite et accéder, quelques dizaines de mètres plus loin sur la gauche, à un petit belvédère avec vue à pic sur la vallée pour pique-niquer après 7,5 Km. 

Après une longue pause repas, poursuivre sur le sentier à gauche en direction de Voreppe ; descendre la pente parfois assez raide pour retrouver le carrefour de ‘l'Arbre Fourchu’. Continuer la descente soutenue entre des buis et en sous-bois avec des passages à découvert jusqu’à Voreppe par l’itinéraire emprunté à la montée. Visiter ensuite l’église Saint Didier à Voreppe et découvrir les belles peintures murales d’Alexandre Debelle (1870-1880), artiste voreppin. Cheminer à travers les ruelles de Voreppe pour apercevoir la villa des Arts et un beau cadran solaire peint en 1994 sur une imposante maison du XVIème de la rue Lambournay. Remonter ensuite à droite le quai du Docteur Jacquin pour atteindre le parking des voitures sur la rue Pré Boulat.

Trace de la randonnée

Commentaires : Agréable circuit au départ de Voreppe qui rejoint le col de la Tençon au pied de Rochebrune. Cette randonnée au-dessus de la cluse de Voreppe est intéressante du point de vue patrimoine architectural et paysager : ancienne carrière de terre réfractaire avec le Gouffre Gondrand, lieu de résistance au belvédère des maquisards, ruines d’un habitat ancien avec des fermes et des murets en pierres sèches le long du chemin des Geais notamment, trace d’une voie séculaire avec encore quelques pavés, belvédères offrant de beaux points de vue sur le cirque de Roize, la plaine et la cluse de Voreppe et les montagnes environnantes avec la colline de Parménie, la Dent de Moirans, le Bec de l’Echaillon,   …, le Moucherotte, .... Les très belles ruines des gros bâtiments construits en pierres taillées, un joli porche, un bassin et une source longeant le chemin des Geais donnent une idée de richesse et de vie aux siècles passés dans ces lieux maintenant abandonnés. Le col de la Tençon était autrefois le lieu de passage très fréquenté de Voiron vers la Savoie (la frontière Dauphiné-Savoie s’étendait entre Voiron, La Buisse et le col de la Placette). Cette voie cheminait en altitude pour éviter les agressions, les marécages et les inondations fréquentes de l’Isère. Hannibal emprunta ce col pour aller faire la guerre avec les Romains. Le "chemin des geais" entre le col de la Tençon et l'arbre fourchu était jusqu'en 1970 un point de passage des geais au cours de leurs migrations d'automne. Lors de cette balade, ce chemin était égayé par le chant d’oiseaux qui ne semblaient pas être des geais mais aussi pollué par les bruits de la circulation automobile dans la vallée.

Patrimoine

Le hameau de Malossane composé de nombreuses fermes et maisons bourgeoises dès le 18ème siècle doit son nom à la pierre de molasse exploitée jusqu'au 19ème siècle.

Au fil des rues et des quartiers, Voreppe possède encore aujourd’hui de nombreux témoignages de son histoire :

L’église romane construite à la fin du XIème siècle est implantée sur les hauteurs de l’ancien bourg de Voreppe, entouré de son cimetière. Cette ancienne église devient nécropole au XIXème en 1907 après la construction d’une nouvelle église au milieu du XIXème. Elle est classée monument historique en 1908. Il n’est actuellement pas possible de visiter cette église.
L’église Saint Didier dont l’architecture est de style gothique est construite au XIXème siècle pour remplacer l'église romane de l'ancien prieuré, trop exiguë et excentrée ; la nouvelle église fut bâtie sur l'emplacement d'un îlot de maisons. Entre 1870 et 1880, le peintre Alexandre Debelle, natif de Voreppe, offrit à l'église une décoration de peintures murales formant une frise de plus de 100 m de long représentant des personnages de la religion chrétienne et un chemin de croix. Ces peintures sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Alexandre Debelle a aussi réalisé les dessins des vitraux de cette église. En 1910, l'église est victime d'un incendie provoqué par la foudre. Plusieurs peintures murales sont dégradées par l'eau utilisée pour éteindre le feu. Au fil des décennies, c'est l'ensemble des peintures qui s’abîment sous l'effet de l'humidité. La commune procède à différents travaux de réparation du toit pour mettre l'église hors d'eau et protéger les tableaux muraux.